Cette conférence était programmée pour le 12 mars 2026, elle est déplacée au 19 mars 2026.
« Revenir ou l’épreuve du retour »
Céline Flécheux, philosophe
On part en exil pour fuir la guerre, la famine, des conflits politiques ou familiaux ; on part en voyage pour découvrir le vaste monde, changer d’horizon.
Mais pourquoi revient-on ? Qu’est-ce qui pousse Ulysse à abandonner Calypso et à retourner à Ithaque ? Pourquoi quitter l’extraordinaire, l’aventure, le dépaysement pour retrouver le quotidien dans sa banalité ? Et si revenir n’était pas le contraire de partir ?
Nous savons beaucoup de choses, peut-être trop, mais en revanche ce qui fait défaut aujourd’hui, c’est la croyance, ne serait-ce que croire en ce qu’on sait. Quel lien entre le savoir et la croyance, quel est leur rapport à la vérité ? Assiste-t-on aussi à l’utilisation de la religion par le pouvoir et la politique, plutôt qu’à un renouveau religieux proprement dit ?
Au-delà des questions que soulèvent les flux de migrants et la réponse de l’Europe, se pose celle plus vaste de l’idée de frontière. Que représente une frontière pour les personnes exilées qui tentent de la franchir ? Quelles sont les ambivalences des acteurs qui incarnent la frontière : personnes exilées, garde-frontières, pêcheurs, passeurs, médecins-légistes…?
« Nos vies sur la brèche, une philosophie de l’intenable ? »
Jean-Philippe Pierron, philosophe
Nos vies sont faites d’incertitudes, de doutes, de revirements, de renoncements qui posent une question simple mais radicale : à quoi tenons-nous ? Être sur la brèche de l’intenable est une manière d’accepter l’imperfection ; c’est penser une vie hors de toute assurance et d’assumer, résolument, une posture d’équilibriste. L’intenable ne serait-il pas le véritable style de l’existence ?
Amphi P. Ricoeur, Université Latour-Maubourg, av. de Romans
« Nos dernières fois, défier la nostalgie »
Sophie Galabru, philosophe
Nous sommes souvent beaucoup plus sensibles aux dernières fois qu’aux premières fois. Pourtant, les dernières fois ne sont pas forcément des fins. Vivre une dernière fois est l’apprentissage de l’humilité, du renoncement et aussi de la perte. La nostalgie mêle joie et tristesse : avec la conscience de l’irréversible, et celle de chaque instant, à la fois premier et dernier, unique et ultime.